Blackout Baby - Michel Moatti

Publié le par Jean Dewilde

Blackout Baby - Michel Moatti

Après le remarquable « Retour à Whitechapel » http://jackisbackagain.over-blog.com/article-retour-a-whitechapel-michel-moatti-115881601.html, également paru chez HC éditions, l’occasion m’est donnée de replonger avec délice et horreur dans le Londres de 1942. Une ville dévastée, en ruines, recouverte de poussière et de gravats qui vit au rythme des couvre-feux.

C’est dans ce contexte très particulier qu’un tueur, Gordon Cummins, qui a réellement existé et sévi va trouver les proies qui lui permettront d’assouvir sa haine. Haine dirigée contre les femmes, des traînées et des putains comme il se plaît à les nommer. Pourvu d’une vision scotopique, il est à l’aise dans l’obscurité et les ténèbres. Là où les autres tâtonnent, trébuchent et n’y voient goutte, il repère avec une netteté redoutable les jeunes femmes dont la route a croisé la sienne. On l’a baptisé le Blitz Ripper ou le Blackout Ripper.

Si je vous révèle l’identité du tueur, ce n’est certes pas pour briser le suspense. L’auteur nous la dévoile dès les premières pages et nous allons vivre aux côtés de Gordon Cummins tout au long de son parcours meurtrier. Ceux qui vont le traquer, par contre, ne savent rien de lui.

Mais qui pour mener une enquête aussi compliquée et complexe ? Personne n’est capable ne serait-ce que d’esquisser un embryon de signalement du tueur. Celles et ceux qui ont lu « Retour à Whitechapel » se souviendront peut-être d’Amelia Priltlowe, infirmière au London Hospital et fille de la dernière victime de Jack The Ripper en 1888. Elle n’avait que deux ou trois ans lorsque sa mère, Mary Jane Kelly fut littéralement massacrée par ce dernier.

En cette année 1942, Amelia Pritlowe travaille plus que jamais au London Hospital. Nous sommes en pleine guerre. Un soir, un homme étrange, âgé, sonne à sa porte. Cet homme, manifestement mal à l’aise et prenant un maximum de précautions oratoires s’appelle Walter Dew. Ancien de Scotland Yard, Dew fut l’un des principaux inspecteurs à tenter de coincer, en vain, Jack The Ripper. Au terme d’une conversation tendue, il va réussir à raviver chez Amelia Pritlowe, des souvenirs qu’elle tente d’oublier de toutes ses forces et de tout son cœur. A tel point que celle-ci ne se sentira d’autre choix que de se lancer sur la trace de du tueur à plus forte raison quand elle comprend qu’il a décidé de s’en prendre à des enfants. Ajoutons à ce duo Francis Buir, membre éminent de la Whitechapel society et ami proche d’Amelia .La fine équipe, me direz-vous !

Ce nouveau roman de Michel Moatti confirme tout son talent. Il fallait beaucoup d’audace et de maîtrise pour nous refaire le coup d’un autre tueur en série dans cette métropole londonienne qu’il connaît dans ses moindres recoins. L’écriture est remarquable, les descriptions bluffantes, l’atmosphère magique, pesante. Je ne peux terminer cette chronique sans évoquer la couverture magnifique qui nous plonge dans le bouquin avant même de l’ouvrir.

A ne pas manquer, les notes de l’auteur à la fin de l’ouvrage.

J’aurais pu m’étendre bien davantage sur ce Blackout Baby mais c’eût été bien inutile car je suis convaincu qu’il aboutira dans vos mains, d’une façon ou d’une autre.

Blackout Baby

Michel Moatti

HC Éditions 2014

351 pages

Publié dans polars français

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