Beso de la muerte - Gilles Vincent

Publié le par Jean Dewilde

Beso de la muerte - Gilles Vincent

Après l’excellentissime Djebel unanimement salué, l’heure est venue de ma deuxième rencontre avec Gilles Vincent. Alors que Djebel avait comme toile de fond la guerre d’Algérie, Beso de la muerte plonge ses racines dans la guerre civile espagnole et dans un événement en particulier, l’assassinat du poète Frederico Garcia Lorca, exécuté en août 1936 par les cerbères de Franco. Mais quel lien peut-il bien y avoir entre l’assassinat du poète et le cadavre d’une jeune femme retrouvé calciné en août 2011 sur le ballast d’une gare à Marseille ?

Il me prend tout à coup l’envie de vous faire partager une citation qui figure en tête du livre. Elle émane de Charles de Saint-Évremont que l’on ne présente plus, hé, hé : « La raison d’État est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison. » Voilà pour le clin d’œil historique de cette chronique.

Un lien, il y en a pourtant un. A charge pour Aïcha Sadia, la commissaire d’origine kabyle et son équipe dont son compagnon, Sébastien Touraine, ex-policier devenu détective privé de trouver lequel et rapidement. Mais l’affaire est complexe et délicate à plus forte raison quand des hommes politiques de tout premier plan paraissent impliqués. Et puis surtout cette sensation désagréable qu’ont les policiers de ne rien maîtriser, d’être baladés de Pau à Madrid, de Madrid à Marseille, de Marseille à Pau au fil d’indices peut-être un peu trop savamment semés. La vérité pourrait-elle être à la fois plus simple et d’autant plus terrifiante ?

Gilles Vincent est un sacré conteur. Il déroule une intrigue noueuse, nerveuse, rythmée en diable et fait preuve une nouvelle fois d’une très grande intelligence en mêlant à la fiction de terribles et dramatiques pans de l’histoire espagnole récente. Et c’est précisément cette alchimie entre fiction et réalité qui fait de Beso de la muerte une très belle réussite ; et, sans rien vous dévoiler, il y a cette imagination, cette audace, cette prise de risque que j’apprécie énormément.

En réponse à certaines critiques et commentaires, je n’estime pas du tout dérangeant le fait de deviner certaines choses en même temps ou même avant notre équipe d’enquêteurs. Cela crédibilise leurs investigations, leurs tâtonnements et souligne aussi la fragilité d’une équipe harassée par la fatigue et le sentiment d’échec à force de suivre des pistes qui ne mènent à rien ou qui les mène précisément là où on veut qu’ils aillent. Une équipe qui, soit dit en passant est dirigée de main de maître par Aïcha Sadia qui sait tantôt serrer la bride tantôt relâcher la pression et dont l’autorité naturelle fait merveille. Un sacré bout de femme.

Beso de la muerte

Gilles Vincent

264 pages

Éditions Jigal 2014

Publié dans polars français

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plomberie paris 5 02/02/2015 10:12

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

Jean (jackisbackagain) 05/02/2015 16:14

J'aimerais aller visiter votre blog mais le lien auquel vous faites allusion, je ne le trouve pas. Merci de me le communiquer. Jean.