Un, deux, trois, sommeil ! - Gilles Vincent

Publié le par Jean Dewilde

Un, deux, trois, sommeil ! - Gilles Vincent

Gilles Vincent, c’est pour moi, par exemple, les excellents Djebel (prix Europolar 2014), Trois heures avant l’aube (Prix Mauvais Genre du Val Vert du Clain), Beso de la muerte (Prix Cezam Inter-CE). Oui, je sais, je n’ai pas lu Hyenae, mais cela viendra. Les quatre romans précités ont été édités chez Jigal, ce Un, deux, trois, sommeil ! paraît chez Cairn. Nous restons dans le Sud.

L’intrigue de ce roman se déroule à Pau, en plein mois de juin ; c’est la canicule et le commissaire Jens Holtan déprime ; il sait qu’il va se farcir un été sans fin, sans doute jusqu’à la Toussaint, et peut-être au-delà. Un père et des ancêtres norvégiens, ceci explique cela. Comme si cela ne suffisait pas, on lui a foutu dans les pattes une jeune lieutenant de police, Inès Nieves, il faut former la relève, dit-on en haut lieu !

Le commissaire Holtan n’aura guère le temps de s’appesantir sur le ciel bleu à l’infini. En ce 3 juin 2013, 8h30’, il ouvre une enveloppe qui ne contient qu’une photo, format 10x15. Sur le cliché, le docteur Jean-François Lauga, inerte sur un canapé. La flaque répandue sur le carrelage ne laisse aucun doute : du sang. Arrivés sur place, Holtan et Nieves ne peuvent que constater le décès du médecin ; artère radiale sectionnée, hémorragie prolongée ayant entraîné la mort et la drôle de position du corps, une mise en scène macabre, une installation comme on dit aujourd’hui. Ils n’ont pas le temps de quitter le domicile du toubib qu’Holtan est avisé que le juge Hervé Cabanne vient d’être retrouvé dans son salon, pendu à une poutre. Un cliché de la victime sur la table du séjour à l’attention d’Holtan.

Tandis que les deux policiers s’échinent à trouver des points communs dans le passé des victimes, Holtan reçoit un coup de téléphone : Gilbert Ducos, un entrepreneur de la région s’est fait tirer le portrait chez lui avec un revolver dans la bouche. Sur le plateau de bois du bureau, une photo représentant la victime. Et toujours ce corps disposé en une posture étrange.

Trois meurtres en une journée, ça commence à faire beaucoup. Qui est ce tueur qui s’amuse à prendre en photo ses victimes suppliciées en une prise de vue soigneusement mise en scène ? Le temps presse, rien ne dit effectivement que le meurtrier en a fini avec ses basses œuvres. Trouver le mobile et vite devient le seul mot d’ordre du commissaire Jens Holtan et de la lieutenant Inès Nieves.

En quelques cent cinquante pages, Gilles Vincent nous livre un polar tendu à l’extrême qui se lit d’une traite. Les personnages sont brossés juste ce qu’il faut, on en sait assez sur eux mais pas trop non plus. Le bonhomme connaît son métier, il connaît les codes inhérents au polar et il ficelle le tout savamment sans prise de risque. Je ne peux m’empêcher de considérer ce Un, deux, trois, sommeil ! comme un aimable divertissement, de bonne facture mais sans génie et j’ai dans l’idée que Gilles Vincent est en train de préparer la sortie d’un roman plus ambitieux, plus complexe, plus fouillé. J’espère ne pas me tromper.

En attendant, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore l’auteur, ruez-vous sur Djebel : http://jackisbackagain.over-blog.com/2014/04/djebel-gilles-vincent.html

Sur Trois heures avant l’aube : http://jackisbackagain.over-blog.com/2015/12/trois-heures-avant-l-aube-gilles-vincent.html

Sur Beso de la muerte : http://jackisbackagain.over-blog.com/2015/01/beso-de-la-muerte-gilles-vincent.html

Un, deux, trois, sommeil !

Gilles Vincent

Editions Cairn (avril 2016)

Publié dans polars français

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Commenter cet article

Jean (jackisbackagain) 17/08/2016 15:43

Salut l'ami Bob,
Tu peux le lire, bien sûr, il n'est pas volumineux mais ne t'arrête pas à ce titre si tu veux vraiment découvrir l'étendue du talent de l'auteur. Amitiés.

Bob 16/08/2016 13:25

Je ne connais Gilles Vincent que de nom. J'ai zappé "Hyenae" (Jigal). J'envisage de le lire... malgré ta chronique. Amitiés.

Bernieshoot 10/07/2016 20:07

Un excellent polar de la collection noir au sud que j'ai lu et chroniqué