Peace and Death - Patrick Cargnelutti

Publié le par Jean Dewilde

 

Ce titre est l’une des nouveautés JIGAL de septembre. Le titre intrigue assez logiquement pour un roman écrit en français. Il fait bien entendu écho à ce Peace and Love que les moins de quarante ans et même plus n’ont pas connu.

Roman d’aventure, roman initiatique, ce Peace and Death raconte un amour fusionnel, obsessionnel et indestructible entre Colette et Rob.

Le 24 mars 1966, Colette Wensby débarque aux États-Unis, état du Nevada chez John et Jennifer, un  couple d’amis de ses parents. Elle y arrive alors qu’elle traverse une dépression sévère causée par la mort de son frère jumeau, Pierre. Dans ce ranch perdu au milieu de nulle part, Colette se reconstruit petit à petit et surtout elle rencontre Rob.

Parallèlement, en ce mois de janvier 2017, nous retrouvons Colette, pensionnaire dans une maison de repos « Les Lilas ». Elle y ressasse ses souvenirs nourris par une vie aventureuse et tumultueuse. Son immersion dans sa vie passée est interrompue par la disparition de sa voisine de chambre, Odette. Elle ne restera pas disparue très longtemps, son corps disloqué est retrouvé à l’aube au bas d’un escalier en béton auquel elle n’aurait jamais dû avoir accès d’autant que les faits se sont produits en pleine nuit. Accident ou meurtre ? La thèse d’un acte malveillant est rapidement privilégiée et l’enquête confiée au lieutenant de police Céleste Alvarez. Trois mois qu’elle est arrivée dans la région (jamais nommée, la région, pas Céleste), pas même eu le temps de déballer ses cartons, Céleste Alvarez est aussi désordonnée dans sa vie privée qu’elle n’est rigoureuse dans son boulot d’enquêtrice. Un sacré bout de femme.

C’est par le prisme de la mémoire de Colette que nous est contée son histoire ou plutôt leur histoire, Rob et Colette ou Colette et Rob. Ils se rencontrent au ranch de John et Jennifer. Après avoir dérobé une somme importante dans le coffre dont Colette connait l’emplacement dans le ranch, ils partent en cavale, cap sur la Californie, L.A., San Francisco. Ils vivent de cambriolages qu’ils perpètrent ensemble jusqu’au jour où Colette tombe enceinte. Rob continue seul à visiter les maisons des nantis. L’aventure va tourner court lorsque  Rob tombe sur un cadavre encore presque chaud dans l’appartement qu’il visite ce soir-là.

Après en avoir abondamment parlé entre eux, ils décident de rentrer en France en embarquant à bord d’un cargo au Canada. Voyage périlleux, semé d’embûches et qui laissera des traces. Le petit Philip naîtra en France et sera très vite confié à Jeannette, la mère de Colette qui ne demande rien d’autre. Colette ne s’est à aucun moment réjouie d’être enceinte. Le bébé à naître, elle le percevait comme une intrusion, une immixtion entre Rob et elle. Et si elle avait dû le perdre lors de leur folle cavalcade, elle n’en aurait conçu ni amertume, ni regret. Elle n’a gardé l’enfant que parce que Rob craignait que l’avortement ne puisse se dérouler dans des conditions d’hygiène optimales. A peine rentrés en France, Colette met sa mère au parfum de la nature exacte de leurs activités outre- Atlantique, Rob ne tarde pas à faire de même avec René. Et s’ils les mettent au courant, c’est qu’ils n’ont aucune intention de renoncer à leurs activités criminelles. La chance sourit aux audacieux, certes, mais à trop la forcer…

L’auteur nous invite à un incessant va-et-vient entre la Résidence Les Lilas et les États-Unis. Autrement dit, entre l’enquête sur l’assassinat d’Odette menée par Céleste Alvarez et les souvenirs en flot continu de Colette. Ce n’est pas seulement un exercice de style, cette façon de découper le récit permet au lecteur de rebondir aisément à chaque changement de décor.

Le roman est divisé en quatre parties, le temps pour le lecteur de prendre une respiration avant de plonger à nouveau dans l’univers de Colette et Rob. J’ai eu la chance et le plaisir d’échanger avec l’auteur. J’ai réalisé que ce denier a conçu et écrit son road movie dans un esprit complètement différent de celui que j’ai eu en le lisant ; ainsi, des éléments complètement anecdotiques pour lui m’apparaissent comme essentiels et vice-versa. Je suis donc resté à la lisière des personnages et de leurs trajectoires et en particulier de celle de Colette, personnage clé et central. Je n’ai pas perçu la détresse et l’obsession de cette jeune femme qui, après avoir perdu tragiquement son frère jumeau, rencontre Rob au milieu de nulle part dans le Nevada, un cadeau tombé du ciel. Un cadeau à usage exclusif, bien entendu. De Rob précisément, le lecteur ne sait rien et c’est un peu dommage. Autant le personnage de Colette est approfondi et complexe, autant celui de Rob est réduit à sa seule activité de voyou- cambrioleur.

La lecture étant éminemment subjective, je vous renseigne deux autres chroniques  bien argumentées et plus élogieuses. Car ce n’est pas parce que je suis passé un peu à côté du sujet que ce roman n’est pas recommandable, bien au contraire.

https://francksbooks.com/2017/10/27/peace-and-death/

http://www.lyvres.fr/2017/09/peace-and-death.html

Peace and Death

Patrick Cargnelutti

Éditions Jigal, 2017

Publié dans polars français

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Commenter cet article

Jean dewilde 02/12/2017 18:07

Bonsoir Vincent,
Et je souhaite vivement que tu le lises! Il est vrai que j'ai omis de dire que c'était un premier roman. Je lirai ta chronique car elle m'intéresse. La bise, Vince the Prince. Tu pourrais prendre sa place à Manchester City, je suis certain que tu aurais plus de temps de jeu.

Vincent Garcia 01/12/2017 15:53

Salut Jean,
Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire ce titre. Il n'est pas dit que ton avis "mitigé" me dissuade de lire cet opus. Je t'en dirai plus le moment venu...
La bise, mon ami...