Chemins de croix - Ken Bruen

Publié le par Jean

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Un ivrogne crevant d’une gueule de bois,

                               À genoux devant la croix, dit au Christ :

                              « Descends et laisse-moi ta place un moment. »

 

 

Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs, capables de trouvailles subliminales comme celle-là ?

 

Il n’est jamais bon et sain de compter parmi les proches de Jack Taylor, encore que le terme proche ne soit pas particulièrement adapté le concernant. Jack n’est pas misanthrope, c’est un ours mal léché, très mal léché. Nuance, donc. Ne donne-t-il pas des clopes ou quelques piécettes aux crève-la- faim qui jalonnent son errance dans les rues de Galway ? Bourru et bourré, certes mais pas misanthrope.

 

Jack va mal. Cody, un jeune mec qu’il a pris sous son aile, qu’il a récemment adopté comme son propre fils, se débat entre la vie et la mort à l’hosto. Cody a ramassé un paquet de balles dans le corps en s’interposant entre le tireur et Jack.

Pas de quoi pavoiser.

 

Le livre s’ouvre sur quelques lignes proprement hallucinantes, jugez plutôt : « …Il leur fallut longtemps pour crucifier le gosse, pas parce qu’il faisait des difficultés ; en réalité, il se montrait presque coopératif. Non, leur problème était de parvenir à enfoncer les clous dans les paumes : sans arrêt, ils rencontraient des os… ».

 

Vous allez me dire que c’est dégueulasse, je vous réponds, non, c’est Ken Bruen.

A la demande de Ridge, son amie policière de longue date, Jack va tenter de retrouver le meurtrier. Pas par envie. Sait-il d’ailleurs lui-même pourquoi ?

Il en ras la Guiness d’être sollicité de toutes parts. Evidemment, quand la sœur du gosse supplicié est retrouvée brûlée vive dans sa voiture, Jack sent sourdre de ses entrailles une haine sans bornes. En mode « justicier », le Jack.

 

Jack, qui ne boit pas - pertinent de le souligner – ne va pas mieux pour autant et « …Le pays, lui aussi, se sentait bien mal. Nous nous étions réjouis de notre première médaille d’or depuis plus de trente ans et, bien entendu, nous en avions fait tout un plat. Qui aurait agi différemment ? Et, après, mais cela ne s’invente pas, le cheval avait raté le test anti-dopage. Ce putain de canasson !... ».

 

Je me demande parfois si je ne devrais pas suggérer à Ken Bruen d’écrire en lettres blanches sur fond noir plutôt que l’inverse. Question de nous broyer un peu plus.

 

Jack va puiser dans ses réserves et dans des pilules dont il ignore le contenu, se souciant uniquement de leurs effets, les ressources nécessaires pour aller jusqu’au bout de l’horreur. Et ensuite, en route pour les Etats-Unis ! Vous avez bien lu, Jack a des projets, quitter Galway et recommencer sa vie ou ce qu’il en reste au pays de l’oncle Sam ou de la case de l’oncle Tom.

 

Il a effectivement pris contact avec une agence immobilière, laquelle estime son appartement à une somme faramineuse. Et quitter Galway lui est d’autant plus facile qu’une charmante personne s’est chargée de brûler tous ses livres. Alors, que lui reste-t-il, hein ?

 

Sa valise est prête, son taxi va arriver pour le conduire à l’aéroport ; au moment où il se prépare à débrancher son téléphone, celui-ci sonne. Et Jack décroche…

 

 

Chemins de croix

Ken Bruen

Éditions Gallimard

332 pages

 

 

 

 

 

Publié dans Le noir irlandais

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J
Coucou Carine,<br /> <br /> Le contact avec Jack est contagieux. Si, comme je te le souhaite, tu décides de l'aborder, commence par "Delirium Tremens". Amitiés. Jean.
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C
Eh bien ça m'interpelle grandement !!!! Il va falloir que j'aille lire cet auteur qui sur quelques phrases est désarçonnant ... Merci mon cher Jean !
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J
Coucou Cathy,<br /> <br /> Eh bien, Cathy, tu descends d'un taxi pour remonter dans un autre ! Tu as le moral, toi et la passion. Comme je te comprends ! Bises. Jean.
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C
Hier soir j'attendais Jack dans son taxi. Ce soir, je pars avec lui et le démon.<br /> Ce que c'est que la passion quand même !
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J
Coucou La petite Souris,<br /> <br /> Depuis déjà un certain temps, je me demandais où tu étais passée. Sans m'inquiéter car chacun a la liberté de prendre du retrait, du recul. Je suis donc très heureux du commentaire que tu laisses.<br /> Et j'espère vraiment que tout va bien pour toi. Amitiés sincères. Jean.
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L
tu as un art consommé pour mettre en bouche mon cher ami ;))je ne resiste pas je le rajoute sur ma liste d'emplettes pour Noël !! oui oui, tu as bien compris, je m'occupe moi même de mon propre<br /> cadeau ^^ AMitiés
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V
Cette chronique me renforce encore dans mon attachement envers Ken Bruen et Jack Taylor. J'ai encore beaucoup de retard à rattraper. Mais bon, petit à petit, j'avance...
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J
Bonjour Richard,<br /> <br /> Merci de ton commentaire, tu passeras un excellentissime moment avec notre ami commun, plaisir garanti ! Amitiés.
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R
J'adore ce mec !!<br /> Jack Taylor (et Ken Bruen, of cource ...) a le don pour m'entrainer dans ses angoisses.<br /> Merci pour cette chronique.<br /> Ma libraire m'attend ... avec ce roman dans les mains !!<br /> Amitiés
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