Cobra de Dominique Sylvain

Publié le par jackisbackagain

 

 

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 Depuis un certain temps, j’avais envie de découvrir cet auteur. « Cobra » n’est pas son premier roman, loin s’en faut.

 

« Cobra », c’est l’histoire d’une vengeance, là, je ne vous dévoile rien.

Si je vous livre la quatrième de couverture, c’est parce que je l’ai trouvée fort bien écrite, pas du tout envie d’être à la place du bougre.

 

« Il m’a semblé que Paul mettait un temps infini à mourir. Il appelait au secours par tous les pores de sa peau mais nos regards se croisaient et se quittaient et se croisaient. J’ai pu ainsi mesurer l’ampleur de son étonnement et celle de son agonie. Ses pupilles dilatées à l’extrême. Ses globes oculaires prêts à quitter leurs orbites. Les lèvres devenues deux traits gris formaient le plus incroyable sourire. Derrière ce masque convulsif, la terreur originelle poussait avec toute sa violence concentrée. Saisissant. »

 

C’est ainsi que Paul Dark, directeur d’un laboratoire de recherches scientifiques est assassiné.

 

Vous savez ainsi ce que pourriez ressentir si d’aventure, vous deviez être victime d’un empoisonnement à la strychnine. Peu de risques mais à défaut de pouvoir parler, vous saurez de quoi vous mourez.

 

Le commandant Alexandre Bruce et le capitaine Martine Lewine, de la Criminelle, sont chargés de l’enquête.

 

Souvent, écrire une chronique m’aide à préciser pourquoi j’ai aimé un livre tout autant qu’à exprimer les raisons pour lesquelles je n’ai pas accroché. Voilà une semaine que j’ai refermé « Cobra » et j’ai vraiment du mal à vous faire partager mes impressions.

 

Je dirais « Tout ça pour ça », vous trouveriez que je me paie votre tête. A raison.

 

Premier point : j’ai eu de grosses difficultés à mémoriser les noms et prénoms des différents protagonistes. Je vous vois venir de loin…Non, rassurez-vous, j’ai une mémoire que je qualifierais de bonne à très bonne, à défaut de friser l’excellence.

Combien de fois n’ai-je pas dû retourner en arrière pour savoir qui était qui ?

Et je m’interroge toujours : pourquoi ai-je eu cette difficulté récurrente tout au long du livre ?

 

Deuxième point : dans un laboratoire de recherches scientifiques, je m’attends à voir des personnes manipuler fioles, éprouvettes, tubes, pipelettes en tout genre, certains l’œil rivé dans l’objectif d’un microscope, à plus forte raison quand l’organigramme du laboratoire en question renseigne cent quatre-vingts personnes dont plus de quarante pour cent de chercheurs. Ce n’est pas rien.

 

Lorsque le commandant Bruce se présente au chef de la sécurité du laboratoire Coronis, Federico Androvandi, ce dernier l’introduit auprès des responsables Marco Ferenczi et Julien Lepecq et leurs épouses respectives Carla Ferenczi et Dany Lepecq. L’impression qu’il n’y a qu’eux dans ce bâtiment de cinq étages me chiffonne. Il s’agit tout de même d’une entreprise de belle taille où j’aurais aimé percevoir de l’activité.

 

Troisième point : tantôt nous nous trouvons du côté des enquêteurs, tantôt du côté des responsables du laboratoire de recherches scientifiques, plus rarement dans la tête du Cobra, ce qui à priori est un découpage intelligent pour maintenir l’intérêt et la tension du lecteur, le suspense, quoi ! Pourquoi dès lors le mécanisme ne fonctionne-t-il pas ?  Je vais vous sembler dur mais je vous mets au défi de vous attacher de près ou de loin à l’un des personnages, que ce soit par sympathie ou l’inverse. Ils manquent de « corps ».

Et l’émotion dans tout cela ? Moi, je n’ai rien ressenti et dès lors, les personnages perdent relief, consistance et virent à la caricature.

 

Quatrième point : le dénouement – puisqu’il en faut un – je l’ai vu arriver comme un énorme coup de poing dans l’œil. Et l’auteur ne s’est pas décarcassé pour soigner ce qui est, dans un roman policier, une partie essentielle.

 

Une sacrée déception totalement subjective bien sûr. J’ai fait, après coup, quelques recherches sur « Cobra », je n’ai pas trouvé grand-chose. Ai-je tiré un mauvais numéro ? Je l’espère, car sur le blog de quelques personnes de référence (non, je ne dirai pas lesquelles), j’ai trouvé d’excellentes critiques de « Guerre sale », un autre roman de l’auteur. 

 

Qui s’y frotte s’y pique, chat échaudé craint l’eau froide, il me faudra un moment pour renouer le dialogue avec Dominique Sylvain.

 

Un auteur qui écrit un roman s’expose aux critiques positives ou non, un bloggeur qui chronique un roman se trouve exactement dans la même position.

C’est donc, dans un état de sérénité que m’envierait le dalaï lama que j’attends vos retours.

 

 

 

Cobra

Dominique Sylvain

Editions Viviane Hamy 2002

298 pages

 

 

 

 

 

 

Publié dans polars français

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D
Bonjour,
"Cobra" n'est pas mon meilleur roman, je l'admets. Mais il me semble que dans la vie d'un auteur, il y a les livres importants et les livres intermédiaires (ceux que l'on a besoin d'écrire pour
passer un cap). "Cobra" fait partie de cette mystérieuse deuxième catégorie. Je ne le renie pas, j'assume, mais je ne le recommande jamais aux lecteurs souhaitant me découvrir. En revanche, "Guerre
sale", "L'Absence de l'ogre", "Baka !" (version 2007) ou "Le Roi Lézard" voire "Passage du Désir" sont plus adaptés. En tout cas, votre critique est structurée, rationnelle. Elle me permet de
comprendre en partie pourquoi "Cobra" n'a effectivement pas rencontré beaucoup de succès à sa sortie. Je crois toujours que le style est bon mais que le fond manque à la fois de chaleur et
d'approfondissement. J'ai réécrit "Travestis" et "Baka !" pour cette raison. Mais je laisse exister "Cobra", tel quel. Il y a quand même quelque chose dans ce bouquin. Et il manque tout ce que je
n'ai pas réussi à y mettre. Ou, plus exactement, ce que je n'ai pas réussi à y mettre est entre les lignes, ou en suspension. Et se déploie dans les romans suivants. Ah, j'oubliais : "Vox", avec
les mêmes personnages, est nettement plus réussi.
Bien à vous
Dominique Sylvain
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B
Je pensais en ouvrant ta chronique avoir un nouveau titre à ajouter à ma -déjà- longue liste ... eh bien non ! Au plaisir Jean ...
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D
Merci à vous quatre qui m'avez laissé un commentaire. J'ai "Guerre sale" dans ma bibliothèque et j'en entamerai la lecture avec un esprit vierge mais pas tout de suite.
Jean
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P
Salut Jean, pas lu celui là mais j'ai adoré Guerre sale. Et d'ailleurs, du coup, j'avais à l'époque acheté une dizaine de Dominique Sylvain qui attendent leur moment. Allez ! ne reste pas sur une
mauvaise impression ! Amitiés
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V
J'ai également bien aimé Passage du Désir... un livre avec des personnages hauts en couleur et attachants. Apparemment, tu as été déçu mais un livre ne reflète pas l'oeuvre d'un auteur.
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L
Ben disons que ce n'est pas par celui ci que j'aurai commencé l'oeuvre Dominique Sylvain. Ce n'est pas son meilleur effectivement. le dernier que j'ai lu d'elle c'etait en lecture commune avec ma
copine Gridou c'etait " Passage du désir". Un bon ptit roman avec des personnages hauts en couleurs. Enfin moi j'avais bien aimé. Amitiés
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F
Tu m'as bien convaincue de ne pas le lire!!!Par contre, te lire est un vrai plaisir!!!!
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