Le martyre des magdalènes - Ken Bruen

Publié le par jackisbackagain

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Une enquête de Jack Taylor

 

Je me suis d’abord demandé s’il était opportun de chroniquer ce bouquin ou n’importe lequel de Ken Bruen où Jack Taylor est au centre des débats.

 

Car, autant vous le dire en préambule, Ken Bruen est l’un de mes auteurs favoris et donc, vous ne trouverez aucune critique plus subjective que celle-ci.

 

Ce roman est l’occasion pour Ken Bruen de rendre un vibrant hommage à Robert William Arthur Cook (1931-1994), selon lui, le fondateur du roman noir anglais. Pour éviter la confusion avec le Robin Cook, auteur américain de thrillers médicaux, il avait dû adopter le pseudonyme de Derek Raymond pour le marché anglo-saxon. En France, par contre, il a continué à être édité sous son vrai nom, Robin Cook.

Je ferme la parenthèse, j’aurai l’occasion de vous parler de Robin Cook dans une prochaine chronique.

 

Jack est dans la merde, ce qui est plutôt habituel chez lui. En pleine déprime, il est contacté par un caîd de Galway, Bill Cassell, auquel Jack est doublement redevable. Cassell lui demande de retrouver une certaine Rita Monroe qui a aidé sa mère à s’enfuir de la blanchisserie des Magdalènes. Bill Cassell veut remercier cette femme. Boulot facile (à priori) mais non rémunéré.

 

Qui sont-elles ces Magdalènes ? Des filles-mères reniées par leurs familles, exploitées dans des couvents catholiques où elles lavaient leurs péchés en travaillant comme blanchisseuses. Elles étaient surnommées Magdalènes en référence à Marie de Magdala (Marie Madeleine), la prostituée qui trouve la rédemption en lavant les pieds du Christ.

 

Parallèlement, un certain Terence (Terry) Boyle demande à Jack d’enquêter sur la mort de son père. Boyle est en effet convaincu que son père a été assassiné par sa femme, une prénommée Kirsten. Boulot facile (à priori) et bien payé.

 

Deux boulots qui vont très vite devenir le martyre de Jack car rien n’est décidément facile à Galway. On peut dire que Jack est un mec qui s’expose naturellement aux ennuis de toutes sortes. Il déteste sa mère, le père Malachy n’a de cesse de lui rappeler son devoir filial, l’administration lui envoie rappel sur rappel pour qu’il restitue sa veste toutes saisons de la police et s’il y a bien une chose à laquelle Jack tient, c’est cette veste.

 

Croyez-moi, vous allez boire du petit lait tout au long de cette enquête. Les chapitres débutent tous par une citation d’auteurs, j’en ai pris deux au hasard :

 

« Il y a longtemps que la vie m’a appris à ne déranger aucune créature possédant plus de dents que moi. » Daniel Buckman, The Names of Rivers

 

« La quête du savoir est semblable à un joli petit cul dont vous savez pertinemment que vous ne devriez pas essayer de vous le faire ; à la fin, vous essayez quand même. » George P. Pelecanos, Anacostia River Blues

 

Comme l’écrit Pierre Faverolle dans sa chronique du même livre, Jack est devenu un pote, un vrai. Formidablement humain, avec ses faiblesses, ses sursauts pour remonter à la surface quand il est au plus bas, sa générosité envers les mendiants et les laissés pour compte en général, son goût immodéré pour les livres (on pourrait bâtir une bibliothèque à partir des titres qu’il nous livre), ses musiciens favoris, ses répliques du tac au tac et son sens de la repartie tout simplement savoureux.

 

Ken Bruen est sensationnel, il fait partie de ces rares auteurs dont on relit les livres avec un plaisir supplémentaire même si on connaît l’intrigue et son épilogue. Chaque page cache sa pépite.

 

Si les huissiers devaient frapper à ma porte un jour, je planque mes Ken Bruen.

 

Pour découvrir l’univers de Jack Taylor, il convient de commencer par « Delirium Tremens » suivi de « Toxic Blues ».

 

Je salue enfin Pierre Bondil pour sa traduction magistrale.

 

 

 

Le martyre des Magdalènes

Titre original : The Magdalen Martyrs

Gallimard, collection série noire

332 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Le noir irlandais

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V
Mon ami Jean, suivant tes conseils éclairés, j'ai commencé mon voyage avec Jack Taylor par Delirium Tremens. J'ai apprécié sa compagnie et ne manquerai pas de faire encore un bout de route avec<br /> lui.<br /> Prochaine étape : Toxic blues.
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J
Merci Cathy, merci petite Souris, cela fait plaisir de voir des commentaires sur mes chroniques. J'ignorais que Peter Mullan avait réalisé un film sur le sujet. Je vais essayer de me le procurer à<br /> la médiathèque. Amitiés à vous deux. Jean.
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C
Je ne te remercierai jamais assez de m'avoir fait découvrir Jack Taylor, j'en suis raide dingue et comme dit notre petite souris, c'est une gourmandise !<br /> J'ai revu récemment le film "The magdalene sisters" de Peter Mullan qui traite de ces geôles préhistoriques et dont la dernière n'a fermé qu'en 1996 .
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L
le truc avec Bruen, c'est quand tu y goûtes , tu tombes tout de suite dans la gourmandise !!! j'adore cet auteur et je suis toujours content quand un ami l'apprécie tout autant !!
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