Les années perdues - John Harvey

Publié le par jackisbackagain

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Coucou les p’tits loups,

 

Cette chronique sera sans aucun doute l’une des plus brèves depuis la création de mon blog, au mois de mars de cette année. Mais ne la boudez pas !

 

Charlie Resnick est le policier récurrent dans les dix volumes que l’auteur lui a consacrés. Comme je fais beaucoup de choses dans le désordre, j’ai directement commencé avec le cinquième volume, soit à la moitié de la série. Les années perdues, je les ai trouvées perdues sur une bâche en plastic dans une brocante.

La couverture m’a regardé, je l’ai fixée à mon tour et nous sommes convenus de repartir ensemble pour la somme exorbitante de un euro et cinquante centimes.

C’est vrai qu’elle est vraiment belle, cette couverture, simple et chaude, enfin je me comprends.

 

Charlie Resnick, d’origine polonaise, est un gars un peu balourd ; il aime le jazz et les chats ; il en a quatre qui portent tous un prénom de musiciens de jazz célèbres. Il s’habille mal, les pans de sa chemise flottant le plus souvent en dehors de son pantalon et sa cravate fait plutôt office de bavette. Il faut dire qu’il aime se préparer des sandwichs qui, à la moindre pression, débordent et dégoulinent de tous côtés. Il faut plus que cela pour le perturber, notre ami Charlie.

 

Charlie Resnick bosse dans la police de Nottingham, charmante petite ville située à environ deux cents kilomètres de Londres. Il est aussi un fervent supporter de l’équipe de foot dont les défaites sont la marque de fabrique.

 

Il fait son boulot de policier tout à fait correctement ; il résout des affaires en sachant très bien qu’il ne résout rien. Il arrête les méchants de tous acabits, violeurs, tueurs, braqueurs, petits branleurs et grands menteurs mais n’en retire aucune satisfaction. Dans cet épisode, il s’agit bien de mettre hors d’état de nuire une bande de cinq hommes armés et encagoulés qui, en quelques mois, ont perpétré une série de vols qui leur ont rapporté un demi-million de livres.

 

Parallèlement à ces professionnels du crime, nous suivons deux jeunes paumés qui veulent faire comme les grands. Ils attaquent une agence bancaire, repartent sans rien en laissant derrière eux un vieil homme encore plus près de la mort qu’avant qu’il ne pénètre dans l’agence.

 

Oui, Resnick est nostalgique, désenchanté. Il a pleinement conscience que les années Thatcher ont provoqué des lésions irréversibles : misère, racisme, chômage, jeunes sans amarres et sans futur. Si on vous tape sur la gueule sans raison aucune, dites merci, c’est bien le moins !

 

J’ai beaucoup aimé ce polar, sa justesse de ton (je ne parle pas de celui qu’il fout dans ses sandwichs !), l’ambiance qui le baigne, des personnages bons ou mauvais mais séduisants dans leurs conneries, leur méchanceté ou leur vulnérabilité.

 

Une belle qualité d’écriture, quelques touches d’humour…anglais, des dialogues soignés, quoi vous vouloir de plus ?

 

Une nostalgie omniprésente, le « blues » qui se retrouve dans le titre « Les années perdues ». Le titre anglais me semble plus proche de ce que John Harvey a voulu comme fil conducteur de son polar, « Wasted years », littéralement « Les années gaspillées ».

 

Si d’aventure, vous souhaitez en savoir plus, allez sur le site actu-du-noir. Blog de J.M. Laherrère qui vous dit tout sur Charlie Resnick dans un article qu’il lui a consacré le 21 mai 2009. Vous ne commettrez pas la même erreur que moi, à savoir que vous aurez devant les yeux la chronologie des aventures de Charlie Resnick et une synthèse du personnage très intéressante.

 

 

 

Les années perdues – John Harvey

Titre original : Wasted Years

Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias

Rivages/Noir

460 pages

 

 

 

 

Publié dans polars anglais

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