Promenade du crime - Peter Guttridge

Publié le par Jean

 

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Il est important de préciser que « Promenade du crime » est le premier tome d’une trilogie, La trilogie de Brighton. Il pourrait s’agir de trois intrigues distinctes, sans aucun lien entre elles, mais ce n’est pas le cas. Il vous faudra donc lire les trois volumes. Mais qui est-il, ce Peter Guttridge ?

 

Pendant plus de dix ans, jusqu’en 2011, il a été le critique de littérature policière le plus en vue du Royaume-Uni grâce à la chronique qu’il tenait dans le journal The Observer. Cela le fait sur une carte de visite, indéniablement.

 

Je vous connais, vous aurez déjà zappé les six premières lignes ci-dessus pour connaître l’intrigue du premier volet. Voici un extrait de la quatrième de couverture.

 

Juillet 2009. Brighton, villégiature haute en couleur du sud de l'Angleterre, est une capitale du crime où s'affrontent familles locales et mafias venues d'Europe de l'Est. La police cerne une maison où se terre un dangereux criminel. Mais, en quelques secondes, sans que rien n'ait pu le laisser pressentir, l'opération tourne au carnage, provoquant une émeute dans la ville. RobertWatts, chef de la police, se voit contraint de démissionner tandis que les officiers ayant participé au raid sont retrouvés morts, un à un.
Parallèlement, un dossier ressurgit, portant sur la disparition, dans les années 1930, d'une jeune femme dont le corps démembré avait été retrouvé disséminé
dans des malles. Cette affaire criminelle va s'avérer coïncider étrangement avec les événements du présent.

 

L’auteur veut manifestement nous fourguer un coup de main. Une page, au début du bouquin, reprend les prénoms, noms, titres et qualités des personnages principaux. Ils sont neuf, non pas neufs mais neuf ! Oui, neuf, pas neufs ! C’est gentil à lui mais pas franchement indispensable, nous en avons vu d’autres, non ?

 

Je peine avec cette chronique mais c’est cette parenthèse avec les nombres cardinaux - pour vous instruire – qui me perturbe.

 

Une double intrigue donc. Toute l’habileté de Guttridge consiste à trouver le juste équilibre entre elles. Il y réussit pleinement et ce n’est pas le moindre de ses mérites car, franchement, que vient faire le tueur à la malle qui a sévi à deux reprises dans les années 1930 ? On lui dirait bien de se la faire. Détrompez-vous, cette affaire est parfaitement en phase avec les événements qui secouent Brighton en cet été 2009.

 

Une ambiance très british baigne ce premier volet. L’auteur plante résolument son décor à Brighton. Le lecteur découvre par petites touches cette station balnéaire tant prisée des Anglais. Chapeau melon pour ce rendu.

 

La violence ne manque pas dans le récit, tantôt suggérée, tantôt décrite crûment. Et sur ce point, on ne peut pas taxer l’auteur de « machiste » : l’inspectrice Sarah Gilchrist se coltine quelques meurtres particulièrement macabres qui sont des faits réels comme l’explique l’auteur dans ses notes à la fin du livre.

 

J’en ai trop dit ou pas assez, à vous de voir. Ce que je sais, c’est que Peter Guttridge clôt ce premier tome en titillant notre curiosité et surtout, c’est l’essentiel, en nous donnant l’envie de continuer avec lui. Objectif atteint.

 

Je ne comprends pas pourquoi le titre original City of dreadful night a été traduit par un pâlichon et fort peu évocateur Promenade du crime.

 

 

Promenade du Crime

Peter Guttridge

Éditions du Rouergue, 2012

300 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Le noir anglais

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